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Arbitraire du signe

On dit depuis F. De Saussure (1857-1913) que le signe linguistique est arbitraire pour rappeler le fait qu’il n’y a aucun lien de nécessité entre le signifiant et le signifié d’un mot : il n’y a aucun rapport entre les sons du mot « arbre » et la chose « arbre » ; on dira que la relation signifiant/signifié est immotivée.

La meilleure preuve du caractère arbitraire du signe, c’est qu’au même signifié correspondent des signifiants différents selon les langues : tree, albero, Baum, ki

Seuls les signes à base mimétiques sont pleinement ou partiellement motivés : onomatopées (« dring »), mots enfantins (un « ouaoua »)…

Ce n’est que par réinvestissement secondaire, projection du signifié sur le signifiant, que nous trouvons que le mot « caresser » est doux, « casser » violent.

Certains, dont les symbolistes français, ont pourtant fixé pour but au discours littéraire, et particulièrement au discours poétique, de briser l’évidence de l’arbitraire du signe : la matérialité sonore du texte, le rythme du vers, etc. doivent parvenir, sinon à manifester, du moins doubler le contenu sémantique de l’énoncé.







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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.