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Archi-énonciateur

On utilise cette notion pour analyser les textes composés d’énoncés attribués à divers locuteurs, comme les répliques de théâtre, les traités sous forme dialoguée, les romans par lettres,etc.

L’archi-énonciateur est cette instance qui n’est à l’origine directe d’aucun énoncé, mais assume la totalité du texte en tant que tel, avec ses effets de sens : dans un dialogue, les personnages profèrent les répliques, mais ces répliques forment aussi un tout, auquel on peut prêter un sens global, ce qui donne le sentiment que «
quelqu’un derrière le texte » en tire les ficelles.


L’archi-énonciateur est, si l’on veut, une figure de l’auteur que se crée le spectateur de théâtre ou le lecteur de dialogue et auquel il prête, par exemple, des intentions démonstratives précises.


La polémique sur les dialogues libertins au XVIIe siècle (pouvait-on dire que le texte promouvait les idées qu’avançaient leurs personnages les mieux mis en valeur ?), ou encore sur le sens d’un roman par lettres comme Les liaisons dangereuses (1782) de Choderlos de Laclos (apologie ou dénonciation de la corruption des moeurs ?), mettait bien en jeu cette « instance muette ».



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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.