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Argumentation

C’est le coeur de la rhétorique : elle consiste à élaborer les preuves du discours, et ensuite à les disposer de façon cohérente et logique pour emporter l’adhésion du public.

Contrairement à la dialectique, qui s’appuie sur des prémisses vraies, l’argumentation part de prémisses vraisemblables, c’est-à-dire qui appartiennent aux croyances partagées par l’auditoire (doxa).


Il s’agit donc de construire un ensemble de preuves à partir de la doxa : d’où la nécessité de s’adapter à l’auditoire (c’est la notion latine de decorum), qu’il faut séduire par l’ethos (l’orateur doit être conforme à une certaine image) et qu’il faut émouvoir par le pathos (c’est-à-dire en suscitant différentes passions dans le public).


Le logos est l’agencement rationnel des arguments. L’argumentation a donc partie liée avec la logique (avec les principes de causalité, d’identité, de non-contradiction), mais l’univers dans lequel elle se meut est celui des présomptions acceptées par l’auditoire (la séduction idéologique).


Les preuves sont de deux ordres : preuves techniques, cad celles que construit l’art d’argumenter à l’aide de la topique, et qui reposent sur l’usage de l’enthymème ou de l’exemple, et preuves extratechniques (lois, témoignages, pièces à conviction).


On peut distinguer quatre grands types d’arguments :


1. les arguments quasi logiques (qui reposent sur la contradiction ou l’identité),

2. les arguments fondés sur la structure du réel (on suppose une causalité là où on observe une succession, on déduit l’utilité d’un fait par ses conséquences probables),

3. les arguments par l’exemple (on induit une règle générale à partir d’un fait singulier) ou par l’analogie (on prouve quelque chose par la similitude de deux rapports, comme par exemple dans l’expression : « la vieillesse est le soir de la vie »),

4. les arguments par dissociation des notions (on procède en distinguant deux niveaux : apparence/réalité, subjectif/objectif, moyen/fin, etc.).



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