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Art poétique

C’est dans la Poétique d’Aristote, vers 334 av J.-C., qu’apparaît pour la première fois l’expression art poétique (peri poiètikès technès). C’est en théoricien qu’Aristote se penche sur l’art poétique. En revanche l’oeuvre d’Horace Epitre aux Pisons, dite Art poétique, est bien celle d’un poète à propos de son art.


Et cette réflexion n’a jamais vraiment cessé, même si elle a pris des formes diverses. La tradition du trobar médiéval, puis les ouvrages d’art poétique sont dus à des poètes qui réfléchissent sur leurs techniques, inventent, précisent, définissent et conseillent des formes aux poètes à qui ils s’adressent.


C’est ce que font par exemple Thomas Sébillet en 1548 dont l’Art poétique français, ouvrage théorique en prose, porte pour sous-titre : Pour l’instruction des jeunes studieux et encore peu avancés en la Poésie française, ou encore Joachim Du Bellay avec Défense et Illustration de la langue française (1549).


Énumérer tous les ouvrages d’art poétique serait fastidieux. Ajoutons simplement que ces réflexions peuvent s’exprimer de manière diverse : sous forme versifiée (Art poétique de Boileau en 1674, poème de Verlaine intitulé « Art poétique » dans Jadis et naguère, 1884), sous forme de brefs essais (« Crise de vers » de Mallarmé), ou encore de travaux collectifs (OuLiPo : Ouvroir de Littérature potentielle).


Jamais les poètes n’ont cessé de réfléchir sur leur art.



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