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Autonymie

(ou emploi réflexif, en mention ou en auto-référence). On parle d'autonymie lorsqu'un mot est employé non pas pour référer à un objet, une personne, une notion, mais à lui-même en tant que mot : dans « Guillaume est un joli garçon », où le premier mot est employé en usage ou en référence ; dans « Guillaume est un joli prénom », le nom ne renvoie à aucun référent, mais se désigne lui-même ; on parlera d'emploi en mention ou en autoréférence ou d'emploi antonymique.

Ce statut particulier du mot est généralement marqué par l'italique ou les guillemets.

L'autonymie permet, par exemple, de réduire le mot à son signifiant phonique ou graphique : « Guillaume s'écrit avec un seul m. » Elle bloque alors toute commutation synonymique : « Le frère de Ted est un joli garçon » /* « Le frère de Ted rime avec môme » ; « Bouquin est un mot familier » /* « Livre est un mot familier ».
Elle permet aussi de réduire un mot à son signifié : « Rêve se dit sogno en italien. ». La possibilité d'un emploi réflexif des mots est ce qui fonde toute réflexion sur le langage : Ce nom marin de Rhumbs a intrigué quelques personnes, – de celles, je pense, pour qui les dictionnaires n'existent pas. Le Rhumb est une direction définie par l'angle que fait dans le plan de l'horizon une droite quelconque avec la trace du méridien sur ce plan. Rhum est français depuis fort longtemps. Voiture a employé ce mot (P. Valéry, Rhumbs, 1926).

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.