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Aventure

Terme central de la poétique médiévale, l'aventure est souvent nommée dans le prologue des oeuvres narratives, quels que soient leur registre et leur longueur (romans, lais, fabliaux). Elle désigne le contenu narratif envisagé sous l'aspect de son déroulement, alors que le terme de « matière » suppose une saisie globale plus thématique que narrative. Elle constitue, dans le processus poétique, l'étape qui précède la conjointure.

Dans le processus médiéval de réécriture, elle représente donc la quintessence de ce que le texte hérite d'une tradition narrative (écrite ou orale). Au pluriels, les « aventures » sont l'ensemble des événements narratifs qui surviennent dans le cours de la diégèse.

Dans le roman arthurien, l'aventure est l'objet même de la quête des chevaliers : bonne ou mauvaise, elle peut ne survenir que pour les seuls élus (Queste del saint Graal).

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.