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Bestiaire

Au Moyen Age, forme littéraire juxtaposant des articles consacrés à toutes sortes d’animaux réels (lion, renard, castor…) ou fantastiques (basilic, sirène, phénix…), dans lesquels les traits physiques et les traits de moeurs attribués à l’animal reçoivent ensuite une interprétation allégorique qui fait appel à des références bibliques.

Le grand principe d’organisation est l’opposition entre valeurs christiques et anti-valeurs diaboliques. Les bestiaires en langue vulgaire sont des traductions de modèles latins, eux-mêmes issus de traditions multiples rattachées au Physiologus grec, texte anonyme du IIe siècle ap.J.-C. Le plus ancien bestiaire en français est celui de Philippe de Thaon (composé entre 1121 et 1135) ; celui de Pierre de Beauvais est l’un des tout premiers témoignages de la prose française (avant 1206).

Certains articles peuvent être consacrés  à des pierres ou à des oiseaux.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.