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Biographie chevaleresque

Ce terme a été introduit récemment dans le vocabulaire de la médiévistique. Il désigne des textes relevant de poétiques différentes (en vers ou en prose), mais ayant en commun leur objet : raconter, de façon plus ou moins romancée, les événements marquants d’un personnage historique qui s’est illustré par ses exploits chevaleresques.

La plus ancienne est l’Histoire de Guillaume le Maréchal (début XIIIe siècle) ; la période la plus fertile fut le XVe siècle (Histoire des seigneurs de Gavre).
Ce genre (qui n’en est peut être pas un : son existence est discutée) prend place au carrefour de l’historiographie, du roman (peinture courtoise de l’amour, service de la Dame), et de la chanson de geste, dont il cultive la thématique épique et dont il adopte exceptionnellement la forme (Chanson de Bertrand du Guesclin, XIVe siècle).

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.