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Bocage

Au XVIe siècle, le mot désigne un recueil de poésies mêlées, de tons et de formes différents. Il est l’équivalent du latin silva, choisi par le poète latin Stace (fin du 1er siècle ap. J.-C.) comme titre de l’un de ses recueils (Silvae), et repris par l’humaniste Politien, puis, au XVIe siècle, par le poète néolatin Jean Second.

L’équivalent italien est Selve  : titre d’un recueil de Laurent le Magnifique. Ronsard s’est servi plusieurs fois du mot « Bocage ». Celui de 1554 rassemble des « Voeux », des « Epitaphes », des « Blasons » et des « Odelettes ».

En 1584, sous le titre de  Bocage royal, le chef de la Pléiade fait paraître des pièces adressés aux rois, aux princes et aux grands de ce monde. La vogue du mot et du genre correspond au goût de la Renaissance pour la varietas, dont un autre aspect se trouve dans les « grotesques », appréciés par Montaigne. Les plaisirs du « bocage » étant peu conforme aux principes du classicisme, le mot disparaît du vocabulaire littéraire au XVIIe siècle.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.