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Bohème

A l’époque romantique, à partir de la réputation de marginaux faite aux bohémiens ambulants, on utilisa le nom de bohème (généralement sans majuscule ni accent circonflexe en l’absence de référence géographique) pour désigner ce qui était une province du rêve autant que le comportement d’une frange de la jeunesse.

L’histoire du roi de Bohême et de ses sept châteaux de Charles Nodier (1830) en désigne le pôle imaginaire, à la fois fantaisiste et allégorique ; la nouvelle de Balzac Un prince de bohème (1840) présente la bohème à la mode des fils de famille provisoirement sans le sou, mais élégants et attendant les hautes charges dont ils seraient dignes ; dans ses Petits Châteaux de Bohême, Gérard de Nerval (reprenant en volume en 1853 des textes publiés l’année précédente sous le titre La Bohême galante) évoque avec nostalgie sa jeunesse et ses premiers poèmes, comme si la bohème appartenant déjà au passé.

Henri Murger, présentant ses célèbres Scènes de la vie de bohème (1848), y voit une étape inévitable de la vie artistique. Non sans quelque ironie, Rimbaud reprendra le thème qui ne cesse d’être chanté.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.