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Canzonière

(n. m, de l’italien canzone, « chanson » et canzoniere, « recueil de chansons » ; on traduit parfois par « chansonnier »). Le terme a été employé très tôt (dans le XVe siècle) pour désigner l’oeuvre poétique en italien de Pétrarque consacrée à Laure, et c’est le titre sous lequel le recueil est publié au XVIe siècle.

En fait le recueil de Pétrarque s’intitulait Rerum vulgarium fragmenta (fragments en langue vulgaire) ou rime sparse (vers épars), ce qui indiquait l’idée de dispersion et aussi de recueil de fragments antérieurs.
De plus, ces poèmes n’était pas destinés à être chantés, quoiqu’ils l’aient été très tôt, et la chanson (canzone) n’est qu’une des nombreuses formes qui constituent le recueil de Pétrarque.

Ce qui prévalait était le fait que des pièces disparates fussent rassemblées dans une totalité ordonnée a posteriori. La critique, en Italie et en France, l’utilise dorénavant pour désigner un recueil de poèmes d’amour composé comme un tout autour de la célébration d’une seule entité féminine ou d’une seule femme.

Les définitions sont plus ou moins larges (recueil de poèmes d’amour, ou recueil de poèmes de tonalité mélancolique, etc.).
Le plus souvent les canzonieri français (qui ne portent jamais ce titre) sont des recueils de sonnets, même s’ils contiennent quelques poèmes parfois intitulés « chansons ».

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.