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Caractère

Ensemble des traits psychologiques et de comportement qui distinguent un personnage, d’où le personnage de théâtre. L’avare, le misanthrope, le jaloux sont des caractères.

Le mot originaire du grec ancien (kharakterI) où il signifie « entaille », « signe marqué », est vieilli dans ce sens, mais lexicalisé aussi en anglais, en allemand et en espagnol. Il est utilisé pour traduire ethos dans la Poétique d’Aristote, où il reçoit une définition qui n’est guère précise : selon une opposition discrète avec muthos, la « fable », le caractère est soumis à l’action qu’il manifeste.

C’est un ensemble de déterminations, liés au paroles et aux actions, qui caractérisent celui qui agit, le personnage. Par extension, caractère est synonyme de personnage et le terme, de plus en plus nettement à partir du XVIIe siècle, désigne le contenu psychologique et moral de chaque personnage.

Dans le système dramatique des XVIIe et XVIIIe siècles, le mot correspond cependant aussi à une façon d’élaborer les personnages à partir de traits distinctifs accentués qui les individualisent dans la tragédie et en font des types généraux dans la comédie, qui opposent les personnages élevés de la tragédie, avec leurs passions hypertrophiées, aux personnages bas de la comédie.

La comédie de caractère : ce système dramatique est analysé et critiqué par Diderot, puis par Lessing. Diderot oppose les caractères aux conditions (le juge, le commerçant, le financier) et aux relations (le père de famille) qui définissent le personnage par son état social.

Au XIXe et Xe siècles, le caractère prend une dimensions psychologique de plus en plus nette et la notion se démode avec le théâtre auquel elle est liée.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.