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Césure

(n.f., du latin caesura, « coupure »). Point fixe de partage des hémistiches dans les vers de plus de huit syllabes. De Ronsard à Banville, nombre de poètes l’ont ressentie et indiquée comme un repos. C’est en tout cas un lieu structurel comparable à la fin de vers.
Prenons l’exemple de l’alexandrin. Dans la poésie classique et traditionnelle, il n’y a jamais d’e non élidable dans les syllabes qui entourent la césure. Trois cas peuvent se présenter (les vers sont de Laforgue) :

– après finale absolue non muette de mot plein :

Et depuis les Toujours, // et vers l’Eternité

– après monosyllabe accentué :

Que Tout se cache seul // au moins pour qu’il se tue !

– après un e final élidé devant voyelle du mot suivant :

Oh ! qu’il n’y ait personn(e) // et que Tout continue !

Les mots de césure, comme les mots de rime, ont un statut particulier dans la poésie traditionnelle : ce sont obligatoirement des mots qui portent l’accent (des « mots pleins »).

Les romantiques ont osé couper par la césure des groupes grammaticaux solidaires, et donc Laforgue n’est pas particulièrement novateur quand il fait passer la césure

– après une préposition : Je me suis perdu par // mes grands vingt ans, ce soir

– entre le déterminant et le substantif :  Fleuves à reflets, où les // deuils d’Unique ne durent

entre le substantif et son épithète :  Où je brûlais de pleurs // noirs un mouchoir réel,

Une audace qui date d’un peu avant 1870 fait passer la césure à l’intérieur d’un mot : Dans leurs incessants vor//tex de métamorphoses

Peu à peu, le soulignement de la césure par l’articulation syntaxique a pu ainsi s’effacer, ce qui n’enlève pas à la césure sa position métrique remarquable.

Les poètes modernes et contemporains réutilisent également des césures pratiquées au Moyen Age (dites enjambante, épique, lyrique) sur des positions d’e bannies dans la prosodie traditionnelle.

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Récit/Roman

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