Un texte exploite un champ sémantique lorsqu’il utilise un certain nombre de mots qui ont au moins un trait sémantique en commun, lorsqu’ils renvoient à des réalités concrètes ou abstraites liées entre elles ; ces vers d’E. Verhaeren contiennent ainsi plusieurs mots appartenant au champ sémantique de la mer et de la marine : Quand se gonflent, aux vents atlantiques, les voiles / Et que vibrent les mâts et les cordages clairs ( La Multiple Splendeurs, 1906).
On emploie aussi l’expression de champ lexical, même si cette dernière est parfois réservée à des séries de mots formés sur le même radical ( Marins, qui partez sur la mer, ibid).
Quand le trait sémantique commun à plusieurs termes est plus ténu, en filigrane, ou seulement très secondaire (s’il s’agit par exemple de la réactivation d’un champ métaphorique figé), l’analyse littéraire préfère parler d’isotopie.