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Chanson de geste

Forme littéraire épique médiévale (XIe-XVe siècle), caractérisée par des règles formelles : usage de la laisse construite sur une seule rime ou une seule assonance, emploi d’un style formulaire et de motif rhétoriques stéréotypés, abondance des phénomènes de parallélismes et, plus généralement, de l’écho à la fois sémantique et rythmique.

Les événements relatés renvoient (le plus souvent fictivement) à la période carolingienne, quelquefois aux périodes mérovingienne ou capétienne.

Les auteurs médiévaux distinguaient trois cycles épiques (voir l’article cycle), à quoi il faut ajouter le cycle de la Croisade. Au XIVe et au XVe siècle, la chanson de geste s’est transformée en chanson d’aventures (voir ce mot).

Il est impossible de saisir les origines de ces chansons, dont les rapports à l’Histoire sont en général très distendus. Les textes qui nous sont parvenus sont des remaniements de remaniements, et continuent de se transformer jusqu’à la fin du Moyen-Age.

Au XVe siècle, plusieurs de ces chansons ont été mises en prose. Leur esthétique est une esthétique de l’oralité : elles étaient destinées, du moins jusqu’au XIIIe siècle, à être débitées par épisodes par des jongleurs sur les plages publiques, les lieux de pèlerinage et dans les cours seigneuriales, et ont toujours conservé, dans leur style même, les caractères attachés à l’énergie vocale et aux conditions de la « performance » orale.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.