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Cicéronianisme

Ce terme désigne l’imitation exclusive, en latin, du style de l’orateur romain Cicéron (106-43 av. J.-C.), dont les discours et les traités théoriques (De oratore, Brutus, Orator) fondaient toute la réflexion et l’apprentissage de la langue savante et oratoire, depuis l’Antiquité, ce qu’avait renforcé la tradition humaniste dans toute l’Europe.

La pureté du style est liée à l’usage du vocabulaire utilisé par Cicéron, et on apprend par coeur les tournures et les périodes tirées de ces discours, pour les réutiliser à nouveau dans le contexte moderne.

A ce titre, le cicéronianisme est la version scolaire du classicisme, et il a formé des générations d’écrivains jusqu’au coeur du XVIIIe siècle (Voltaire, élève des jésuites, a appris à écrire en lisant Cicéron).

Devenu un purisme étroit dès le XVIe siècle, il a été critiqué par l’humaniste hollandais Erasme, qui dénonce, dans son dialogue Le Cicéronien, l’abus d’une telle imitation scolaire, dont les conséquence est l’inadaptation de la langue savante aux réalités modernes (et surtout chrétiennes). Par la suite, en tant que synonyme d’un style oratoire ample et périodique, le cicéronisme a souvent été opposé au style bref et coupé imité du philosophe Sénèque ou de l’historien Tacite.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.