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Cohérence / Cohésion

Les linguistes considèrent que l’unité d’un texte s’observe à deux niveaux. Le premier est tout simplement celui de sa continuité sémantique et logique : c’est la cohésion, que garantissent les anaphores, les connecteurs entre propositions et phrases, etc.

Le second est celui de la visée générale du texte, c’est la cohérence : toutes les propositions, même si aucun lien grammatical ne les lie, vont clairement dans une même direction.

Un collage surréaliste peut donner de parfaites garanties de cohésion grammaticales et sémantique et rester totalement indéchiffrable parce que sans cohérence ; inversement, une série d’énoncés sans marquages cohésifs peut très bien servir une visée parfaitement identifiable, et donc trouver sa cohérence, comme les « Façons de dire » de Claude Roy, qui accumulent simplement des locutions verbales métaphoriques et offrent, sans aucun lien grammatical, une vaste transposition imagée et symphonique du quotidien.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.