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Collage

Par analogie avec les techniques picturales mises au point au début du XXe siècle par Picasso, et qui ajoutaient à l’aplat de peinture des papiers ou des matériaux collés sur la toile, on appelle collage en littérature le fait de juxtaposer des évocations hétérogènes.

Nombre de textes surréalistes fondés sur l’écriture automatique relèvent du collage, tel ce texte intitulé « Usine », extrait des Champs magnétiques (André Breton et Philippe Soupault, 1920) :

La grande légende des voies ferrées et des réservoirs, la fatigue des bêtes de trait trouvent bien le coeur de certains hommes. En voici qui ont fait connaissance avec les courroies de transmission : c’est fini pour eux de la régularité de respirer. Les accidents du travail, nul ne me contredira sont plus beaux que les mariages de raison. Cependant il arrive que la fille du patron traverse la cour. Il est plus facicle de se débarrasser d’un tache de graisse que d’une feuille morte ; au moins la main ne tremble pas. A l’égale distance des ateliers de fabrication et de décor le prisme de surveillance joue malignement avec l’étoile d’embauchage.

Le terme de collage désigne aussi le fait d’introduire dans une œuvre des fragments qui ne lui appartiennent pas (extrait de journaux, textes littéraires, articles de dictionnaire, etc.). C’est ainsi que Blaise Cendrars a introduit dans Documentaires (1924) des collages du roman policier de Gustave Le Rouge, Le Mystérieux Docteur Cornélius.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.