Accéder au contenu principal

Contamination

1 / En édition de textes médiévaux, un manuscrit est dit “contaminé” lorsqu’il a subi l’influence de familles autres que la sienne. Les copistes, en effet pouvaient recopier une œuvre en ayant sous les yeux plusieurs manuscrits, et en choisissant de les combiner pour établir leur propre texte.

2/ Depuis les travaux de M. Bakhtine, on parle de contamination lorsque le niveau ou le registre de langue d’un texte tend à se rapprocher de celui du personnage dont il est question : dans la phrase L’hiver surtout les nettoyait, l’emploi d’un verbe populaire au lieu du verbe habituel « ruiner » provient d’une contamination de la prose du texte par la langue de Coupeau et Gervaise dont il est question dans le passage (E.Zola, L’Assomoir, 1877). Ces phénomènes concernent essentiellement le lexique.

Posts les plus consultés de ce blog

Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.