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Cycle (épique ou romanesque)

AU Moyen Age, un cycle est un ensemble structuré ou non, de textes appartenant au même genre et ayant entre eux des affinités thématiques, et relatant différents moments de la vie d’un héros, de son lignage, ou d’un règne, dans les domaines épique et romanesque.

Dans le domaine épique, le terme de « cycle » traduit de l’ancien français geste : cycle (ou geste) du roi, cycle de Guillaume d’Orange, cycle des vassaux rebelles (de Doon de Mayence). Le terme désigne également des sous-ensembles, quelquefois appelés « petits cycles » : cycle de Nanteuil, cycle des Lorrains (tous deux dans le cycle des vassaux rebelles), petit cycle de Rainouart (dans le cycle de Guillaume).

Des manuscrits dits cycliques rassemblent plusieurs chansons en essayant de restituer un ordre chronologique : vie et exploits des parents, du ou des fils, des petits-enfants et des collatéraux, par exemple, en distinguant, pour le héros principal, l’enfance, la chevalerie, l’âge mûr et la vieillesse qui prend souvent la forme d’un moniage.

Dans le roman médiéval, le terme n’est employé que pour désigner l’ensemble dit du Lancelot-Graal (XIIIe siècle), et comprend cinq romans en prose qui se font suite : Estoire del saint Graal, Estoire Merlin, Lancelot en prose, Queste del Saint Graal, La mort le roi Artu, qui sont ainsi transcrit dans leur continuité par de nombreux manuscrits.

Phénomène de transcription manuscrite, totalement indépendant de la vie orale des textes, le cycle relève du goût du XIIIe siècle pour les sommes

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.