Accéder au contenu principal

Dandysme

Terme usité en France à partir de 1830, formé sur l’anglais dandy, et désignant un comportement marqué par une volonté de raffinement et d’anticonformisme.

Sous différents noms et différentes formes, le dandysme est de toutes les époques ; Baudelaire affirme que « César, Catilina, Alcibiade nous en fournissent des types éclatantes ». Après les Raffinés du XVIe siècles français, les Beaux d’Angleterre et les Incroyables du Directoire, les Lions de la Restauration précédèrent les dandys avant de se confondre avec eux.

La Comédie humaine en fournit les meilleurs exemples romanesques, avec les personnages de Montriveau, Henri de Marsay, Rastignac, Maxime de Traille, LaPalférine, etc. Dans son essai Du dandysme et de George Brummell 51845), Barbey d’Aurevilly montre qu’au-delà du désir d’élégance, d’originalité parfois extravagante et de froideur calculée, le dandysme, étroitement lié à la société anglaise, se joue des règles tout en les respectant.

Il souligne la valeur intellectuelle de Brummell, qui mit son art dans sa vie et dont le ton se retrouve dans le Don Juan de Byron. Plus tard, Baudelaire, après avoir longtemps songé à un essai sur le dandysme littéraire (où il aurait inclus Chateaubriand), résume dans un chapitre du Peintre de la vie moderne (1863)  sa conception du dandysme : « C’est une espèce de culte de coi-même […]. C’est le plaisir d’étonner et la satisfaction de ne jamais être étonné. […] Le dandysme est le dernier éclat d’héroïsme dans les décadences […]. »

Ces textes confèrent au dandysme une dimension spirituelle qu’Albert Camus confirme à sa manière dans L'Homme révolté (1951), en voyant dans la révolte du dandy « une forme dégénérée de l’ascèse ».

Posts les plus consultés de ce blog

Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.