Accéder au contenu principal

Décasyllabe

(n.m., du grec déka, « dix »). Mètre de dix syllabes. Il apparaît au milieu du XI siècle, d’abord dans la poésie hagiographique et dans l’épopée. A partir du XIIIe siècle, il devient le grand vers lyrique, mais est concurrencé puis éclipsé par l’alexandrin au milieu du XVI siècle.
L’époque classique l’emploie plutôt en hétérométrie, et il ne retrouve la poésie lyrique qu’à partir du du XIXe siècle. Son rythme traditionnel le plus fréquent est 4/6, avec éventuellement une structure d’accompagnement en 6/4.

L’autre structure traditionnelle est en 5/5, mais elle ne se mélangeait jamais avec la précédente, ce qui fait qu’il existe deux types de décasyllabes différents.
Jules Laforgue utilise ces trois rythmes dans Les Complaintes (1885) :

– 4/6 Vous qui passez, // oyez donc un pauvre être
– 6/4 Puis frêle mise au monde ! // ô Toute fine
– 5/5 Jupes des quinze ans, // aurores de femmes

mais ce qui montre qu’il s’écarte de la tradition, c’est qu’il les emploie ensemble, dans un même poème, alors que les 4/6 et les 5/5 appartiennent à des esthétiques tout à fait différentes du décasyllabe.

Posts les plus consultés de ce blog

Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.