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Déconstruction

Théorie et méthodologie critiques inspirées des travaux du philosophe français Jacques Derrida ( De la grammatologie, 1967) et particulièrement influentes aux Etats-Unis dans les années 1970 et 1980 (P. de Man, G. Hartman, J. Hillis Miller). Il s’agit de mettre en évidence les tensions, les contradictions qui traversent les textes et empêchent qu’ils parviennent à une signification pleine, sans équivoque, totalement assumée.

Toutes les analyses littéraires qui prétendent mettre en évidence le sens d’un texte procèdent dès lors d’un simple coup de force : au nom d’un sujet qui garantirait la cohérence générale du propos, on fait fi du détail du texte qui risque de gêner la construction d’une interprétation qui ignore les failles.

Le projet déconstructionniste se veut donc « éthique » parce qu’il reconnait l’altérité du texte, son statut d’artefact strictement verbal avant que d’être un objet idéologique ou esthétique.
La littérature est ici conçue comme un travail pour détourner les insuffisances du langage, dépasser son incapacités à rendre compte du réel ; mais c’est un travail sisyphéen, forcement condamné à l’échec : la signification pleine n’est jamais atteinte et les textes ne parviennent jamais à dépasser leur contradiction.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.