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Déictique, déixis

Un pronom, un adverbe, un déterminant… est dit déictique (ou exophorique) quand son référent ne peut être trouvé qu’en prenant en considération la situation d’énonciation, c’est-à-dire les circonstances de production de l’énoncé (qui s’exprime ? pour qui ? quand ? où ?).
Dans un énoncé comme : « Il y a deux siècles, Chateaubriand a rédigé Atala sur cette table », les compléments « il y a deux siècles » et « sur cette table » ne peuvent s’interpréter que si l’on sait à quel moment et dans quel lieu ces mots ont été prononcés.

La déixis est donc ce mode de référenciation particulier qui exige la prise en compte de la situation de production d’un énoncé.
Dans un énoncé narratif, les déictiques prennent généralement pour repère le lieu et le moment de l’énonciation :  Il y a quelques mois qu’une femme mariée de ce pays… (Stendhal, Rome, Naples et Florence), ou bien – pour créer un effet de style indirect libre ou de point de vue – la situation statio-temporelle du personnage : Il avait beau parler maintenant avec beaucoup de calme, la fille n”était pas dupe (G. Bernanos, Nouvelle Histoire de Mouchette). On appelle plus spécifiquement embrayeurs (voir ce terme) les pronoms personnels déictiques.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.