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Délibératif

On désigne ainsi un des trois genres oratoires (aux côtés du genre judiciaire et du genre épidectique, ou démonstratif). C’est le genre par excellence de la décision politique, car son rôle est de conseiller ce qu’il faut faire ou ce qu’il ne faut pas faire ; il porte donc sur l’avenir, et les valeurs qui lui servent de critère sont l’utile et le nuisible.

L’argument type dont il se sert est l’exemple (on puise dans la mémoire historique les grands exemples du passé, pour comprendre et orienter l’action à venir), et il doit recourir avant tout au logos (raisonnement discursif), avant d’emporter l’adhésion du public par le pathos (en suscitant son indignation, ou sa colère).

La personne de l’orateur (ethos) doit être digne de confiance, pour donner du poids à ses arguments (ainsi, il est difficile pour un homme politique de proposer de faire la guerre, s’il n’a pas fait lui-même preuve de courage au combat).
De point de vue littéraire, le délibératif est le genre par excellence des débats, comme dans les grandes tirades du théâtre classique (stances du Cid, par exemple), lorsque le héros doit se décider pour agir.

La mise en avant des valeurs (courage, honneur, amour, devoir) en fait donc un des hauts lieux de l’analyse psychologique des personnages, et ses conséquences sur l’action en font souvent un des éléments structurels majeur de l’intrigue.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.