Accéder au contenu principal

Discours indirect libre (ou style indirect libre)

Forme de discours rapporté qui combine une transposition indirecte de l’énoncé (même si se maintiennent bien souvent de nombreuses marques énonciatives de la citation originelle) et une insertion libre dans le discours citant, c’est-à-dire sans recours à une construction subordonnée (mais avec, occasionnellement, une incise).

Bien qu’attesté dès le Moyen Age, le discours indirect libre n’entre vraiment en littérature qu’avec La Fontaine et la Bruyère, et connaît sa consécration dans le roman réaliste du XIXe siècle.

Particulièrement plastique, le discours indirect libre permet à Flaubert de lisser le passage du récit au discours ou à la pensée du personnage : Léon, à pas sérieux, marchait auprès des murs. Jamais la vie ne lui avait paru si bonne. Elle allait venir tout à l’heure, charmante, agitée..(Madame Bovary ; la troisième phrase est assurément du discours indirect libre, mais la deuxième est largement indécidable). Quant à Zola – inversement –, le discours indirect libre lui permet de créer de forts contrastes langagiers dans les limites d’un même passage ; On croquait ça sans pain, comme un dessert. Lui en aurait bouffé toute la nuit…(L’Assommoir).

Posts les plus consultés de ce blog

Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.