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Discours intérieur

Production langagière entièrement mentale, le discours intérieur est parfois désigné par le terme d’endophasie. C’est le troisième mode de réalisation de la langue en discours, avec l’écrit et l’oral. Il s’agit donc d’une situation d’énonciation particulière, où locuteur et allocutaire se confondent.

Dans un texte narratif, la citation des pensées d’un personnage peut prendre n’importe quelle forme de discours rapporté (direct, indirect, libre ou non) et ne s’écarter en rien de la norme orale, voire écrite :  Il faut renoncer à tout cela, se dit-il, plutôt que de se laisser réduire à manger avec les domestiques (Stendhal, Le Rouge et le Noir).

Mais, depuis la fin du XIXe siècle et le travail stylistique sur le monologue intérieur, ce discours de soi à soi est souvent représenté dans la littérature sous forme de séries de propositions caractérisées par des ellipses syntaxiques (phrases averbales, chute de l’article…), des constructions rompues (anacoluthes), des tournures inacceptables à l’écrit et à l’oral (mots-valises…) : Est-ce que je suis pauvre ? Mon pas pesant. Mon sang. Ma tête. Les jonquilles. Les violettes. Je resterai le plus fort (E. Berl, « Saturne », 1927)

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.