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Discours/récit

On oppose, depuis E. Benveniste, les énoncés écrits ou oraux contenant des embrayeurs et autres expressions déictiques (je, demain, ici…) ou subjectives (exclamation, évaluation…), et les énoncés, généralement écrits, qui ne contiennent aucun renvoi à la situation d’énonciation. Benveniste considérait que cette opposition recoupait en français celle du passé simple (qui présente l’événement indépendamment de ces répercussions sur le présent) et du passé composé (qui situe l’événement dans l’orbite du moment de parole).
On dit que les énoncés du premier type relèvent du discours (Aujourd’hui, maman est morte. Ou peux-être hier, je ne sais pas, A. Camus, L’Etranger) ; les seconds du récit (Il arriva à Verrières un dimanche matin, Stendhal, Le Rouge et le Noir).

Ces termes sont parfois contestés, parce qu’ils semblent recouvrir indûment une opposition entre énoncés non narratifs et énoncés narratifs.
Aussi préfère-t-on désormais parler d’énoncés embrayés (discours) et d’énoncés non embrayés (récit).

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.