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Drame

Le drame (du grec drama) désigne parfois toute œuvre dramatique. C’est dans ce sens qu’il s’introduit au XVIIIe siècle : « Poème composé pour le théâtre et représentant une action soit comique soit tragique. » (Académie, 1762). Mercier souligne que c’est le « mot collectif, le mot originel, le mot propre » (1773).

Il est concurrencé, dans cet emploi, par le mot de comédie (on opposait autrefois le théâtre de comédie au théâtre lyrique). Mais dès le XVIIIe siècle, il désigne soit un genre neutre dont la définition est, en quelque sorte, négative, celui des pièces qui ne relèvent ni de la comédie ni de la tragédie, soit un genre intermédiaire, mixte, entre comédie et tragédie. Genre non marqué ou genre mixte, théâtre en général ou genre précis, ces ambiguïtés subsistent encore et les qualificatifs successifs dont on a précisé le sens du mot ne les ont pas levées.

Certains (seconde moitié du XVIIIe siècle) appelleront drame, puis drame bourgeois ce que Diderot appelle tragédie domestique ou comédie sérieuse. A la même époque naît le drame historique ; un peu plus tard, au tournant du XVIIIe siècle et du XIXe siècle, le mélodrame, puis le drame romantique et enfin le drame symboliste.

L’influence de l’Allemagne, dont le théâtre se constitue en grande partie contre les modèles classiques français, et la découverte de Shakespeare en France contribuent à imposer de nouvelles formes de théâtres sérieux et ambitieux qu’on nommera drames.
A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, chez Maeterlinck, Strindberg, Tchekhov, Hauptmann, Wedekind, Rolland, Claudel, on voit se dessiner un univers qu’on peut imputer au drame.

Le drame n’a pas de caractéristiques formelles précises, ce qui le distingue de la tragédie. Il ne vise pas principalement à faire rire, même s’il peut contenir des passages comiques. Il peut s’accommoder du vers comme de la prose. Il peut s’achever par une fin heureuse ou, au contraire tragique. Il peut être proche du roman, de la tragédie, de la haute comédie ou ressusciter le souvenir du drame religieux médiéval.

L’intérêt de ce mot, dans l’histoire des formes dramatiques, réside précisément dans la souplesse et la diversité de ses acceptions et des concepts qu’il désigne. Il renvoie encore aujourd’hui dans la presse spécialisée, à une catégorie de films (drame psychologique, comédie dramatique).

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