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Emblème

Figure symbolique accompagnée d’un brève formule d’intitulé et d’une épigramme, le tout ayant valeur didactique et moralisante. Pour que l’on puisse parler d’emblème, la présence de ces trois éléments est nécessaire.
On explique aussi, à la Renaissance, que la figure est appelée « corps », et que les deux autres éléments forment l’« âme » de l’emblème.

Le premier recueil d’Emblèmes est celui d’Aliciat (Emblemata, Augsbourg, 1531), qui cependant, dans sa première édition, est dépourvu d’images. La vogue de ce genre de recueils à la Renaissance s’explique par deux raisons.
D’abord, l’intérêt porté à toutes les formes de langages symboliques, au premier rang desquelles il faut place les hiéroglyphes (qui ne sont pourtant pas encore déchiffrés). Ensuite, par les relations complexes unissant les trois éléments. Elles rendent difficile l’interprétation, mais favorisent aussi la polysémie, ce dont profite la poésie.
On peut s’en rendre compte avec la Délie de Maurice Scève (1544), où chaque neuvaine de dizains est suivie d’un emblème.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.