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Esthétique de la réception

On appelle réception d’une œuvre son accueil public et critique, mais aussi la façon dont elle se situe face aux positions idéologiques et esthétiques du lectorat visé, l’interprétation à laquelle elle donne lieu, la place qu’elle prend dans l’imaginaire littéraire.
Les travaux critiques allemands de l’Ecole de Constance, dont le représentant le plus important reste H.R. Jauss (Pour une esthétique de la réception, 1975), ont montré que l’on ne pouvait pas considérer l’oeuvre indépendamment de sa réception effective et de l’évolution de cette réception dans le temps.

Le concept clé de ce type d’analyse est celui d’« horizon d’attente » (erwartungshorizont), défini comme l’ensemble des critères (littéraire, politiques, éthiques…) à partir desquels un groupe donné de lecteurs comprend et juge une œuvre.

Cet horizon d’attente est en perpétuelle évolution et notre lecture de Madame Bovary ou des Fleurs du Mal n’a rien à voir avec celle d’un lecteur de 1857 : tout se passe comme si nous n’avions plus affaire au même texte, puisque nous le lisons avec des attentes et des valeurs complètement différentes.

L’esthétique de la réception se situe donc entre la sociologie de la littérature, l’histoire littéraire et la poétique de la lecture (qui considère les procédures par lesquelles le texte gère, oriente, trouble la lecture qui en sera faite).

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.