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Ethos

(n.m., du grec ethos, « caractère », que l’on prononçait autrefois ithos). Désigne traditionnellement le caractère que l’orateur doit paraître avoir pour l’assentiment de son public ; c’est à ce titre, avec le pathos, une des preuves subjectives (par opposition au logo, preuve logique et objective).
Il faut donc étudier et construire le caractère qu’il convient d’avoir selon les attentes du public (ce que Cicéron appelle le decorum et l’aptum), et cela intervient dès l’exorde, où l’orateur doit se concilier la bienveillance de l’auditoire (captatio benevolentiae).

La connaissance du public est donc une partie essentielle de la préparation, et Aristote lui consacre une longue étude, dans la Rhétorique, qui est à l’origine de toute une caractérologie, que reprendra la tradition des moralistes : il s’agit de savoir quel ethos avoir selon que l’on a affaire à un public constitué de jeunes, de vieux, ou de gens mûrs.

L’orateur doit se montrer digne de ce qu’on attend de lui, et il doit attirer la sympathie du public (en montrant notamment combien il lui ressemble, combien il partage ses craintes ou ses espoirs, et à quel point il est sincère et digne de confiance) : ce travail demande donc la vraie mise au point d’un rôle (persona) qui rapproche une nouvelle fois l’action oratoire du métier de l’acteur.

La littérature occidentale a conservé longtemps les catégories psychologiques élaborées par la tradition rhétorique de l’ethos.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.