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Exemple

L’exemple (en grec paradeigma) est au coeur de l’argumentation : il est un des deux grands types de preuves avec l’enthymème ; mais à l’inverse de ce dernier procédé, qui va du principe général au fait particulier (forme déductive), l’exemple procède, au contraire, en partant du particulier pour remonter à une loi générale (induction) qui s’applique aussi au cas dont on parle.

C’est donc une preuve technique, qui repose sur l’analogie et qui sert à rendre un énoncé plausible par généralisation : Aristote explique qu’il y a deux sortes d’exemples, ceux que l’on tire de l’histoire (pour illustrer le comportement d’un tyran, on cite Hitler), et ceux qui ont été inventés (parabole, fable : pour expliquer l’injustice due à la force, on raconter « Le Loup et l’Agneau ») : c’est en cela que l’exemple a partie liée, avec la fiction, et la littérature en général. Au Moyen Age, il est même un genre littéraire propre (exemplum).

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.