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fabula préfabriquée

En narratologie, en particulier depuis les travaux d’Umberto Eco, on désigne ainsi les constructions narratives conventionnelles, suivant des enchainements stéréotypés qui se retrouvent d’un texte à l’autre.
Bien des romans policiers suivent par exemple, le schéma suivant : crime, désignation d’un suspect, second crime qui disculpe le suspect, découverte du coupable.

C’est ainsi le cas dans Le Crime de l’Orient-Express d’Agatha Christie (1934) : un meurtre est commis dans un train ; les soupçons d’Hercule Poirot se portent sur une passagère ; un nouveau crime est commis qui disculpe cette dernière ; on découvre que tous les passagers, sauf la passagère soupçonnée, ont participé au crime. Bien que le travail sur une fabula préfabriquée puisse avoir un important enjeu littéraire ou se retrouver derrière des constructions fort complexes (dans le roman d’éducation par exemple), les formes marginales de littératures (romans sentimentaux, romans d’aventures…) les utilisent plus souvent, parce que le caractère prévisible des épisodes narratifs autorise une concentration moindre du lecteur.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.