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Figure

Le terme est véritablement générique en matière de rhétorique, de stylistique et de poétique, et la définition qu’en donne Fontanier au début du XIXe siècle en témoigne : « Les figures du discours sont les traits, les formes ou les tours plus ou moins remarquables et d’un effet plus ou moins heureux, par lesquels le discours, dans l’expression des idées, des pensées ou des sentiments, s’éloigne plus ou moins de ce qui en eût été l’expression simple et commune.»

En fait, comme le signalait déjà Dumarais un siècle plus tôt, « il n’y a rien de si naturel, de si ordinaire et de si commun que les figures dans le langage des hommes ». La notion d’écart a été abandonnée pour rendre compte de la figure, et Gérard Genette démontre bien que la figure est un mode de désignation à part entière que la traduction fait disparaitre comme tel : c’est le cas si l’on désigne navire par voile.

On distingue quatre types de figures :

– les figures de diction, qui concernent aussi bien des phénomènes phoniques que des phénomènes graphiques (allitération, anagramme, apocope, syncope, diérèse, synérèse, mot-valise, néologisme, paronomase) ;
– les figures de mots, qui touchent des changements dans le signifié, et où l’on range les tropes (allégorie, métaphore, symbole, catachrèse, synecdoque, métonymie, syllepse) ;
– les figures de construction, qui jouent sur la phrase, l’ordre des mots, la grammaire (accumulation, anacoluthe, asyndète, chiasme, ellipse, énallage, hypallage, inversion) ;
– les figures de pensée, qui correspondent au rapport de l’énoncé avec le référent (allusion, hyperbole, antithèse).

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.