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Foire

Forme de théâtre qui s’est développée dans toute l’Europe, mais surtout à Paris à l’occasion des foires. La Foire Saint-Germain se tenait du 3 février au dimanche de la Passion et la Foire Saint-Laurent du 9 août au 29 septembre. A côté des spectacles de danseurs, d’acrobates, de marionnettes, s’installèrent des troupes, dès 1640, qui développèrent un « commerce » de spectacles qui attiraient un public nombreux et d’origine sociale variée. Elles jouèrent dans de petits théâtres de bois ou « loges ». Cette installation permanente caractérise le théâtre forain français et explique en partie son développement.

Les diverses persécutions dont les troupes foraines durent victimes de la part des théâtres privilégiés (notamment la Comédie-Française) contraignirent ces acteurs à l’innovation dramaturgique : pièce « à la muette » (avec des écriteaux) ou chant quand on leur interdit de parler, monologues hilarants quand on leur interdit le dialogue.

Les forains inventèrent ainsi l’opéra-comique. Ils recueillirent l’esprit d’innovation et certains types de la comédie italienne pendant la période où celle-ci était chassée de France (les dernières décennies du règne de Louis XIV) et firent appel à de bons auteurs comme Lesage, Piron, Fuzelier ou d’Orneval.
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, certains forains s’installèrent sur les boulevards et ce fut la naissance du théâtre de boulevard.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.