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Gayetés

On voit paraître au XVIe siècle des recueils poétiques portant ce titre, comme celui d’Olivier de Magny (1554). Il doit beaucoup au Livret de Folastries publié un an auparavant par Ronsard sous l’anonymat. Celui-ci a conservé un certain nombre des pièces qui le composaient et qu’il redonne au public, en 1584 sous le titre de Gayetez, qui forment une section des Oeuvres complètes.
Les recueils portant ce titre possèdent en général une inspiration licencieuse, voire franchement érotique, et renouent avec une certaine forme d’inspiration païenne.

Leurs auteurs se veulent satiriques (on écrit le plus souvent « satyriques », par allusion aux satyres de l’Antiquité) et réclamant la liberté dans la vie et dans l’art, au grand scandale des autorités catholiques ou protestantes. Voilà pourquoi, le plus souvent, ils ne signent par leurs productions. Cette veine d’inspiration perdure au début du XVIIe siècle, à l’époque du libertinage.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.