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Genre épistolaire

La lettre n’est pas seulement un moyen de communication. Elle est aussi, depuis l’Antiquité, un genre littéraire à part entière (Epître de saint Paul, correspondance de Cicéron, Lettres à Lucilius de Sénèque). La lettre n’est pas alors un document destiné à une communication entièrement privée mais à une lecture plus large (les Lettres de Mme de Sévigné). Les lettre peuvent aussi jouer sur une fiction partielle, portant sur l’énonciation, et correspondre à la mise en forme d’un traité (Diderot, Lettre sur les aveugles), d’une oeuvre théorique et polémique (Lettre à d’Alembert de Rousseau). Parfois elle constituent une fiction totale, un roman. De nombreux romans, surtout au XVIIIe siècle, ont adopté la forme épistolaire.

Tantôt ils ne présentent qu’un scripteur, ce qui correspond à une forme monodique (Lettres de la Marquise, de Crébillon fils, La Vie de Marianne de Marivaux), tantôt ils se donnent comme une correspondance complète, mise en ordre (La Nouvelle Héloïse de Rousseau, Les Liaisons dangereuses de Laclos, Aline et Valcour de Sade).

Le genre épistolaire permet alors la multiplication des points de vue mais aussi, à une époque où le roman à mauvaise presse auprès des autorités politiques et religieuses, la dénégation de sa nature romanesque.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.