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Genre historique

C’est le grand genre en prose, selon la tradition rhétorique (Cicéron l’appelle « le chef-d’œuvre oratoire »), car il est l’équivalent de l’épopée dans la hiérarchie des genres. Son influence aux XVIe et XVIIe siècles a été déterminante dans l’histoire de la prose narrative, car il a été le modèle de l’écriture du roman héroïque, avec notamment les exemples qu’il donne du style narratif (style simple et clair), de l’art de la harangue (les longs discours que font les héros au moment d’agir) et des descriptions (descriptions de lieux, de palais ou de paysages) : il mêle tous les genres oratoires (judiciaire dans la narration, délibératif dans les harangues et démonstratif dans les descriptions) et permet l’usage de tous les niveaux de style. Mêlé à l’influence du roman grec (Héliodore, Achille Tatius, Longus) et aux souvenirs de l’épopée renaissante (Amadis, 1540 pour la traduction française du Livre I), il est à la source de l’écriture romanesque baroque. Ce sera encore vrai à l’époque romantique où le genre, remis à l’honneur par Walter Scott (Ivanhoé, Quentin Durward), aura une influence déterminante sur Balzac, Hugo ou Vigny.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.