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Genre sérieux

La dénomination « genre sérieux », inventée par Diderot dans ses Entretiens sur le Fils naturel, et reprise par Beaumarchais dans l’Essai sur le genre dramatique sérieux, qualifie des comédies ou des pièces de théâtre qui ne sont ni des tragédies (parce qu’elles portent à la scène des personnages contemporains, de condition privée, dans une action sérieuse, mais qui n’entraîne pas forcément un péril de mort pour les héros) ni des comédies pures (parce qu’elles ne visent pas à provoquer le rire ou même le sourire chez les spectateurs). Diderot distingue encore la comédie sérieuse de la tragédie domestique.

La notion de genre sérieux recouvre en réalité, dans les textes du XVIIIe siècle, l’ensemble des genres « intermédiaires » entre la tragédie et la comédie : drame, drame bourgeois, tragédie bourgeoise, tragédie domestique, comédie sérieuse.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.