Accéder au contenu principal

Genres littéraires

On a proposé, depuis l’Antiquité grecque, différentes typologies des textes littéraires. Dans sa Poétique (vers 344 av. J.-C.), Aristote, qui ne prend en compte que les œuvres en vers, établit un partage durable entre l’épique (l’épopée d’Homère), qui relève du narratif, et le dramatique (tragédie, comédie), qui raconte de manière plus directement mimétique ; mais comme tout littérature relève pour lui de l’imitation des actions, Aristote ne traite pas de la poésie lyrique, qui n’est prise en compte qu’au XVIIIe siècle, où peut alors se constituer la célèbre distinction entre l’épique, le lyrique et le dramatique.

Triade repensée ensuite par le romantisme et par Hegel (qui professe son Esthétique à partir de 1820) sans référence désormais à l’imitation si fondamentale encore pour l’époque classique : la poésie lyrique est alors liée au subjectif (c’est l’expression d’un Je), la poésie épique à l’objectif, la poésie dramatique combinant le subjectif et l’objectif. Mais l’effacement progressif du vers rendait problématique ce large usage du terme de poésie et dès le XIXe siècle apparaît la classification que nous connaissons entre le théâtre, la poésie (qui n’est plus que lyrique) et le roman (qui n’avait aucune place jusqu’ici dans le partage hérité d’Aristote, où désormais il prend celle de l’épique) – à quoi s’ajoute l’essai. Ce qui n’interdit bien sûr ni la prise en compte des genres mineurs (l’autobiographie) ni celle des sous-genres ou des formes souvent mixtes (autofiction).

Posts les plus consultés de ce blog

Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.