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Histoire intercalée

Procédé courant dans le genre du roman baroque et du roman héroïque, l’histoire intercalée est héritée des genres narratifs de la fin du Moyen Age et de la Renaissance (Cent Nouvelles Nouvelles, Décaméron de Boccace ou Heptaméron  de Marguerite de Navarre), où la structure dominante est une histoire cadre où se succèdent les récits faits par différents personnages. Dans le roman du XVIIè siècle, ce procédé permet de ralentir le fil de la narration, provoquant des effets de suspens, tout en présentant une grande variété d’intrigues et de caractères (chaque personnage raconte soit sa propre aventure, soit une histoire passée ) : il est pour beaucoup dans la richesse narrative des grands romans comme L’Astrée, la Clélie ou Le Grand Cyrus ; il subsiste dans le roman classique, comme La Princesse de Clèves et jusque chez Potocki dans le Manuscrit trouvé à Saragosse.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.