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Histoire littéraire

Discipline codifiée par Gustave Lanson au tournant des XIXe et XXe siècles et qui a dominé les études littéraires pendant plus de cinquante ans. A l’origine, il s’agit de s’appuyer sur la méthode historique pour réagir à une critique précédemment trop subjective, ou liée à des modèles scientifiques inadéquats, et renouveler l’enseignement des lettres jusqu’alors fondé sur la rhétorique. L’ambition de l’histoire littéraire, qui s’appuie sur les sciences auxiliaires (bibliographie, lexicographie, critique des textes, étude des manuscrits, et.), est de définir la singularité des textes et de les réinscrire dans l’Histoire où « les œuvres faites déterminent – partiellement – les œuvres à faires » : principe qui plus tard conduira trop souvent à une simple recherche des sources.

L’originalité de Lanson est aussi d’assigner à sa discipline l’analyse bien plus large de la vie littéraire, « l’histoire de la culture et de l’activité de la foule obscure qui lisait », donc de définir la fonction du public (ce qui anticipe sur l’esthétique de la réception).

Dans le même temps, l’histoire littéraire accorde une place centrale au texte : dans l’enseignement, où l’explication française devient l’exercice clé fondé sur la lecture, alors que la rhétorique avait privilégié les exercices d’écriture ; dans le travail universitaire, où l’établissement philologique du texte et le développement des éditions critiques doivent permettre de parfaitement dégager à la fois le sens littéral et le sens littéraire des oeuvres. Si Lanson ne voulut pas, en principe, ignorer la subjectivité du lecteur ni le plaisir qu’il peut prendre à « goûter » la littérature, l’une des limites de sa doctrine fut cependant de considérer que « les textes ont un sens en eux-mêmes, indépendamment de nos esprits et de nos sensibilités » : ce sera l’un des points contre lesquels réagira la Nouvelle Critique, en redonnant son prestige à la création personnelle du lecteur.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.