Accéder au contenu principal

Image

Dans l’analyse littéraire, le terme désigne de manière générique des figures qui mettent en rapport deux référents qui diffèrent : l’un (comparé, imagé) désigne proprement ce dont parle le texte, l’autre (comparant, imageant) peut être pris dans un autre référent et éclaire ou illustre le premier ou encore jette sur lui une lumière nouvelle en utilisant ce qu’ils ont d’analogue ou de proche.

Ce sont en premier lieu les figures d’analogie (comparaison, métaphore, allégorie, symbole) qui sont concernées, mais on peut considérer que synecdoque et métonymie sont aussi des images en ce qu’elles présentent la chose sous un jour différent. L’image varie aussi dans son originalité, allant du cliché ou de la lexicalisation par catachrèse à la recherche de l’étrange : «plus les rapports des deux réalités rapprochées seront lointains et justes, plus l’image sera forte – plus elle aura de puissance émotive et de réalité poétique » écrit Pierre Reverdy en 1918 (Nord-Sud). Chaque image a sa logique propre, qu’il est important d’analyser du côté de l’imageant : l’image n’est pas une simple illustration, ni un ornement : elle sert le sens et donc l’avancée du texte.

Posts les plus consultés de ce blog

Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.