L’imitation est au coeur de la tradition littéraire classique : elle engage soit l’imitation littéraires des modèles (imitation « interne » à la littérature : Racine imite Euripide, Molière imite Plaute, Balzac imite Walter Scott, etc.) soit l’imitation du réel (imitation « externe » : mimesis). Les auteurs classiques pensaient que, pour bien imiter la nature, il suffisait d’imiter ceux qui y étaient le mieux parvenus, à savoir les auteurs anciens.
C’est pourquoi l’imitation a une configuration complexe dans la doctrine classique, où elle joue à la fois sur les modèles littéraires et sur une conception stylisée de la « belle nature » (il faut choisir ce qui est beau dans le réel) ; avec l’avènement du réalisme, au XIXe siècle, la problématique de l’imitation interne semble perdre de son importance alors que la confrontation au réel prend tout son poids (refus de la « belle nature », choix du grotesque, subversions des hiérarchies stylistiques traditionnelles).
Pourtant l’écriture d’un Zola ou d’un Proust doit encore beaucoup à « innutrition » et à l’imitation de modèles, notamment en fait de style (Flaubert, les Goncourt), comme le montre la fonction du pastiche littéraire chez Proust. De mêle, le statut de la parodie en littérature, même contemporaine (de Laforgue à Perec), atteste la continuité du problème.
(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.