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Invention

Au sens strictement rhétorique, l’invention est la première partie de l’art oratoire, avant la disposition et l’élocution. Elle consiste en la recherche des arguments qui vont constituer le fond du discours : elle repose donc sur la topique, qui va explorer méthodiquement des lieux communs, et la mise en place des preuves (techniques, extratechniques). Son domaine est la logique du vraisemblable (ou doxa), car elle joue sur l’univers des croyances probables de son public. Elle fait ensuite appel aux preuves éthiques (construction de l’ethos de l’orateur pour convaincre de sa bonne foi), puis aux preuves pathétiques (recherche des éléments susceptibles d’émouvoir les passions de l’auditoire : colère, indignation, pitié, etc.)

L’articulation des preuves les unes aux autres appartient plutôt à la disposition, même si celle-ci doit tenir compte des effets escomptés en fonction des impératifs de la topique. L’élocution aussi, dans la mesure où elle est étroitement liée aux effets que doivent produire les preuves, constitue le terme du processus d’invention (chaque type de preuve suppose un style différent : style simple pour la narration des faits ou l’exposé des témoignages, style élevé pour la péroraison, qui en appelle aux passions du public).

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.