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Jongleur

Au Moyen-Age, le terme désigne tout professionnel du divertissement (étymologie : joculator). Les jongleurs sont les héritiers des mimes de l’Antiquité latine. Certains étaient spécialisés dans les spectacles de foire (montreurs d’ours, bateleurs, acrobates, danseurs…), d’autres dans la récitation, voire dans la composition d’œuvres littéraires de diffusion orale (chanson de geste, fabliaux, dits…) ; beaucoup devaient combiner ces deux activités. Le jongleur était un itinérant, qui se faisait rétribuer en argent ou, souvent, en nature, par son public : badauds des places publiques, des foires, et des lieux de pèlerinage, ou seigneurs des châteaux visités. Leur activité était condamnée par l’Eglise mais celle-ci tolérait les jongleurs qui récitaient chansons de geste et vies de saints. On le distingue du ménestrel et surtout du clerc, spécialiste de l’écriture. Aux XIIe et XIIIe siècles, le jongleur est le principal diffuseur de la culture dans l’ensemble de la population, puisqu’il est le spécialiste de la « performance » orale.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.