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Lai lyrique

Cette expression sert à désigner trois types de poèmes du Moyen Age.

1. Au XIIe siècle, des poèmes celtiques dont le sujet a fourni la matière des lais narratifs.

2. Dans des romans arthuriens en prose tardifs (Tristan en prose, Perceforest), des pièces lyriques insérées dans la narration, souvent disposées en quatrains d’octosyllabes, qu’un personnage adresse à un autre et où il exprime des sentiments généralement douloureux (amour non partagé, rigueur de la séparation, désir de mourir…) ; on les appelle quelquefois lais arthuriens.

3. Dès le XIII siècle, mais surtout au XIVe et au XVe siècle, une forme mal fixée, dans laquelle le schéma métrique, la disposition des rimes et la mélodie varient à chaque strophe. Ce lai, également appelé grand lai, comprend habituellement douze strophes de longueur variable, dont la dernière reprend circulairement la structure de la première (lais de Guillaume de Machaut, d’Eustache Deschamps, de Christine de Pisan).

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.