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Lyrisme

La poésie lyrique est dans un premier temps une poésie chantée, accompagnée d’abord à la lyre puis par tout autre instrument, comme l’a d’ailleurs été la poésie jusqu’au XVe siècle. Les genres hérités de l’Antiquité (ode, élégie, ïambe) appartiennent à la poésie lyrique, mais aussi des formes fixes comme le sonnet.

Au début du XIXe siècle, la notion de lyrisme en poésie met l’accent sur un aspect qui se faisait déjà jour depuis l’Antiquité – l’expression de sentiments personnels, favorisée par la montée du romantisme. C’est ainsi que, abandonnant la référence concrète à la musique pour n’en plus garder que l’idée d’harmonie et de mélodie, le lyrisme désigne plutôt en poésie une subjectivité vibrante et une émotion personnelle (amour, élan religieux, admiration devant la nature, etc.).

Avec l’effacement de la narration à la fin du XIXe siècle, la poésie devient entièrement lyrique, alors que le je se trouve largement remis en cause et que Baudelaire convoite une « impersonnalité volontaire ». Le lyrisme moderne devient ainsi problématique, et à la fin du XXe siècle, le retour d’un chant plus personnel chez les néolyriques se trouve fréquemment opposé au littéralisme.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.