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Machine

Les Grecs déjà utilisaient des machines au théâtre pour faire surgir des êtres surnaturels. Le théâtre médiéval ne les a pas ignorées. Les XVII et XVIIIe siècles en usent de préférence à l’opéra mais le théâtre les emploie quelquefois : Andromède de Corneille, Psyché et  Amphitryon de Molière sont des « pièces à machines ». Il s’agit d’éblouir les spectateurs par des illusions calculées selon des formes dramatiques topiques : nacelles mues par des cordages et dissimulées par des nuages peints, chars volants, effets de mer et de tonnerre, effets pyrotechniques, apparitions, envols et chutes. Relèvent aussi de la machine les apparitions de spectres dans le théâtre du XVIIIe siècle (Sémiramis de Voltaire).

« MACHINE (Littérature) en poème dramatique se dit de l’artifice par lequel le poète introduit sur la scène quelque divinité, génie ou autre être surnaturel, pour faire réussir quelque dessein important, ou surmonter quelques difficultés supérieures au pouvoir des hommes. Ces machines, parmi les anciens, étaient les dieux, les génies bons ou malfaisants, les ombres, etc.
Shakespeare, et nos modernes français avant Corneille, employaient encore la dernière de ces ressources »

(Encyclopédie). Presque toutes ces machines, dont l’Encyclopédie nous a conservé les plans et des images, ont disparu. Les doctes, à la suite d’Aristote, ont toujours traité ces formes théâtrales avec un certain dédain. Le XXe siècle les a redécouvertes avec une certaine fascination.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.